2/19/23

Besancon (F) - La baie de Somme(F)

Mer   7/09             Besançon_Gergy                    134kms                  Etape 37

J'ai quitté le camping  tardivement après  discussion avec un cycliste de 83 ans rencontré la veille. Destination St-Nazaire, pendant qu'il pédale, sa famille découvre la région  puis se retrouvent à l'hébergement du soir. Je vais le  revoir brièvement  dans la matinée   et il mène un train d'enfer.

 
L'après-midi se  passe à travers les orages et étrangement,  comme il n'y avait  rien à voir, j'ai été épargné.
Avec la guinguette voisine du camping  fermée,  quelques camping-cars et des travailleurs bulgares venus pour les vendanges, l'ambiance est à la fin   de saison. Le vélo aussi car il nécessite un nettoyage   à l'essence de la chaîne et  des  dérailleurs  qui ont bien  souffert  .

Jeu    8/09            Gergy_Palinges                    100kms                  Etape 38


Une nuit pluvieuse avant de rejoindre Chalon- sur- Saône  et terminer l'entretien du vélo dans une station essence. Une demi burette d'huile sur la chaîne et un gonflage des pneus au compresseur, le vélo devrait tenir jusqu'à la fin.  Il n'en fallait pas moins pour s'attaquer au dernier relief de cet Eurovélo 6 par le canal du Centre et ses 34 écluses


Durant la matinée,  des péniches de croisière battant pavillons étrangers dont un  américain  naviguaient avec leurs passagers prenant le soleil sur des transats. Un éclusier m'a expliqué  qu'il s'agissait de riches touristes qui sillonnaient  la Bourgogne, la Loire et le Beaujolais à la découverte  des grands domaines viticoles.



Dans l'après-midi , Montchanin m'indique symboliquement qu'il ne reste que de la descente jusqu'à St-Nazaire. Avec les anciens  bâtiments de la SNCF, vestiges de la ligne Paris-Lyon-Marseille remplacée  par la ligne TGV toute proche.


Friches industriellec à Montceau les Mines

Arrêt petit bobo à Monceau les Mines, des échauffements à l'entrejambe.   Mettre du talc à répétition n'était pas la bonne solution d'après la pharmacienne qui conseille une pommade pour cycliste.

N'ayant pas de camping avant la Loire, je m'arrête prématurément à  Palinges avec une formule cyclo où nous avons chacun un  emplacement avec table, prise de recharge et auvent pour moins de 10€.
Le propriétaire-éleveur  du camping propose, dans son restaurant, une pièce de viande charolaise à un prix défiant toute concurrence malheureusement j'avais opté pour une côte de porc au discount de Montceau.    

Ven    9/09              Palinges_Decize                  103kms                  Etape 39

Nouvelle journée maussade,  après être arrivé à Paray le Monial et sa cathédrale romane, lieu de pèlerinage où je n'ai pas vu grand monde, le ciel se couvre pour la journée.





 Je retrouve la Loire,  dernier fleuve de L'Eurovélo 6, à Digoin. Son niveau est bas pour la saison 
 
Pont canal de Digoin
La Loire 

Les berges trop sauvages pour être empruntées, c'est le chemin de halage  du canal Latéral à la Loire qui compose  l'essentiel du tracé.  Il n'y a aucune activité de plaisance  car le niveau du fleuve est insuffisant pour l'alimenter. 

Après le déjeuner,  le tracé quitte les berges du canal pour emprunter un dédale de chemins vicinaux.  Avec un vent  de face  accompagné   de petites pluies fines, j'abrège mon parcours en empruntant des routes départementales et gagner  Decize par le canal du nivernais .
 
Etant donné les conditions climatiques et   la monotonie de la journée, je décide d'y  passer la nuit .
Fin d'après midi entre douceurs au super marché et terrasse au centre-ville avec concert à la clef. 
Animation qui fait plaisir après les longues journée passée sur les chemins de halage. Voir du  monde  avec les motards qui se rendent à Magny-Cours pour le Bol d'Or.


Sam    10/09            Decize_Léré                 116kms                  Etape 40

Comme souvent au camping , je me couche tard et je me lève tôt.  Ma tente est  plantée près de la salle commune, des gens y sont venus  boire une dernière bière et discuter, mon voisin, lui aussi cyclo, est  allé les voir pour qu'il fasse moins de bruit, ce qu'ils ont fait.


Quand je l'ai revu au matin, il avait passé une très mauvaise nuit après avoir  déménagé  à la limite  du camping où, de l'autre côté de la clôture, un sdf  avait choisi d'y faire des vocalises.
En voulant à la société et à la terre entière  après un tour du monde avorté en Turquie, j'image que remonter sur le vélo serait la meilleure des thérapies.    




A Nevers, nouvelle pharmacie, depuis que j'ai basculé sur le versant atlantique et  sentant la fin proche, je ressens de la lassitude avec des petits bobos qui surviennent. Aujourd'hui c'est  un stick pour  les lèvres desséchées par le vent des derniers jours.

Heureusement je reçois toujours des encouragements même si c'est pour me rappeler que je serai bien mieux  à lézarder au bord de mer ou que le sport c'est quand même mieux à plusieurs.





Un déjeuner au restau pour finir d'entretenir le moral  érodé après ces jours maussades et ça devrait le faire jusqu'à la fin.
A 496 km du but,
je n'irai pas plus loin.


 Halte dans un domaine viticole   pour acheter un Pouilly Fumé destiné à mes hôtes de Vouzon.

Bivouac à Léré, grand confort face à la centrale nucléaire de Belleville. La commune a  aménagé un espace vert avec  abri , point d'eau et tables de pique-nique.

Dim    11/09            Léré_Vouzon               95 kms                  Etape 41


Dimanche ensoleillé une fois le brouillard dissipé, je croise quelques cyclos du dimanche matin avant  de faire la pause café  dans un village où une course cycliste sera disputée dans la journée.

Pont-canal de Briare emprunté par le tracé

A Briare, c'est une concentration de voitures de collection.  

Gien

A Gien,  une course à pied avec des animations qui donne encore envie de s'arrêter plutôt que de pédaler.

Et à Sully, c'est la fête de La Sange.

Je fais une halte culturelle au  château de Sully. M'étant promis de le visiter les années précédentes, je l'ai préféré aux fêtes de la Sange consacrées à la chasse et la pêche.






    

 


                                                                            Le château de Sully

La ville est saturée par l'évènement, les restaurants sont bondés, il  reste un kebab et un   snack asiatique où je vais me quereller avec le patron au sujet d'une formule et des plats ridiculeusement  garnis que je refuse et dont il exige le règlement. Repas dominical au kebab parce qu'il faut bien s'alimenter. Retour au restaurant asiatique pensant y avoir oublié mon casque de vélo, le patron est furax de me revoir. 

Je rallie  Vouzon  par de longues lignes droites à travers la Sologne .

En fin d'après-midi , j' arrive chez Catherine et Manon, les voisines de Corse qui  m'hébergent.
Etape nécessaire  avant un retour à une vie normale d'ici quelques jours.
Un dimanche ensoleillé où je ne me suis pas ennuyé, contrairement à la veille.

Mer    14/09            Vouzon_Rambouillet              137 kms                  Etape 42


Après deux jours de repos et de réflexion, je modifie ma fin de parcours. ayant déjà parcouru  la Loire ces 2 dernières années  et  le retour en Corse prévu dans une semaine, je change de cap, direction la baie de Somme plutôt que l'estuaire de Loire et St Brévin destination finale  de cet Eurovélo 6.

 Je quitte Vouzon par un itinéraire à travers bois conseillé par Catherine et qui évite d'emprunter la Nationale 20 pour rejoindre Orléans  d'où je vais avoir les plus grandes difficultés à m'extirper. La faute à mon tracé Gps téléchargé sur Google maps  et un mauvais réglage qui m'a fait faire demi-tour. Pensant avoir traversé le centre-ville, je suis tout étonné de  me diriger vers  la cathédrale.
 Ensuite j'ai retrouvé la nationale 20 avec de la 4 voies et un gros trafic poids-lourds.
Je traverse une partie de la Beauce en longeant  l'autoroute A10  par un  chemin qui dessert un parc éolien, de plus en plus dégradé pour me retrouver sur les départementales au prix de nombreux zigzags et rejoindre Rambouillet avec l'impression d'avoir le camping et sa piscine pour moi seul.  
Désespérément plat mais poussé par le vent la journée reste agréable.
 

Jeu   15/09            Rambouillet_Gournay-en-Bray              123 kms       Etape 43


La sortie de Rambouillet se fait par la forêt et le contournement de la région parisienne  avec une circulation bien présente jusqu'à Mantes la Jolie où je vais regretter avoir choisi un poulet-pommes sautées imbibées d'huile, délicat à digérer.


D'autant plus  qu'il faut sortir  de la vallée de la Seine avec un gros dénivelé 
 et retrouver une voie verte jusqu'à Gisors.



L'hébergement va tenir du chemin de croix. En l'absence de camping , je me rends à une aire de camping-car occupée par les gens du voyage. Il reste bien  un coin de gazon que me montre une femme de la communauté. Elle me conseille aussi la pelouse de la mairie voisine. 
  
Je trouve enfin un emplacement   à quelques kilomètres de là sur une parcelle en friche donnant sur une rivière où des postes de tir sont aménagés. Je  dérange une  vingtaine de ragondins avant d'y installer la tente.


 Le bivouac installé près d'une haie, un Kangoo est arrivée avec deux  chasseurs  venus pour la dernière chasse au crépuscule de l'année. Après  s'être intéressés à mon voyage, ils m'ont signalé que j'étais installé devant une coulée,  passage dans la haie utilisé par les sangliers.
J'ai changé d'emplacement et eux sont allés chasser ailleurs.  
  

Ven    16/09            Gournay-en-Bray_ Le Hourdel              94 kms          Etape 46 


Les sangliers m'ont laissé dormir mais la fraîcheur du matin m'a fait lever tôt. 
Quitté les rives des fleuves et rivières, le relief est plus  accidenté  avec des  changement de vallées comme hier avec la Seine et aujourd'hui le bocage normand du Pays de Bray ,  il reste à franchir  la vallée de la Bresle par une ultime montée avant de basculer dans la vallée de la Somme.
Toute la journée va se passer vent de face sur les plateaux où, à cette période de l'année, ne restent que les champs de betteraves  pour se protéger.

A défaut de St Brévin-les Pins à l'embouchure de la Loire,  c'est au Hourdel en  Baie de Somme   que je termine cet Eurovélo 6 
avec la mer et un  phare comme à Saint-Brévin les Pins.
Pour la postérité, après tout, on ne voit pas si je suis appuyé sur le phare de St Brévin-les-Pins ou du Hourdel





Après quelques jours à Abbeville chez Dominique , je reprends l'avion pour la Corse non sans avoir raté mon premier  vol, suite à l' annulation d'un  train  à destination de Paris.




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