Lun 8/08
Lipnita _ Calarasi 50 kms Etape 8
Ma descente vers le sud est terminée, à 5 km de la Bulgarie, le fleuve s'
oriente vers l'ouest.
J'ai la possibilité de passer la frontière mais il me reste des devises
roumaines et je veux m'accorder une 1/2 journée de repos pour recharger le
portable, entretenir le vélo qui a souffert sur les pistes et surtout
prendre une douche. Au bivouac précédent, je m'étais simplement rincé
le visage mais après une journée de canicule et la couche de
protection solaire, s'allonger sur le sac de couchage fut trop
désagréable.
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Monastère St Ioan Botezatorul
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Le fleuve servant de frontière, je le traverse pour
rester en Roumanie.
J'arrive à Calarasi à midi où je réserve une chambre en ligne pour la
récupérer à 16 h.
Le temps d'un pique-nique et d'une sieste dans un jardin public où là
encore on me réveille, c'est un agent de police qui m'explique que je ne
dois pas dormir sur les bancs. Il n'insiste pas quand je lui montre la
réservation de ma chambre. J'ai compris par la suite qu'il
s'agissait du parc de la mairie avec les locaux du commissariat. (il n'y
avait pas de panneau " Interdit aux roms, tziganes et Cyclo
randonneurs)
Pensant avoir terminé ma journée, le propriétaire m'apprend que son hôtel
est fermé alors que j'avais la réservation. Il m'oriente vers une pension.
Il me reste assez d'énergie pour reprendre le vélo et aller au KFC.
Mar 9/08 Calarasi _ Giurgu 143 kms Etape 8
J'ai repris la route pour une longue et chaude journée. Entre le soda
du matin, celui de l'après midi, la bière du soir et 3 bouteilles d'eau par
jour, je ne suis pas loin des 6 litres. Aux heures les plus chaudes ,
j'humidifie le tee-shirt et la casquette ce qui me procure un peu de
fraicheur même si je ne roule qu'à 15 km/heure.
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Immensité du Danube
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Un couple de Canadiens qui se rendent à
Istanbul
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Les randonneurs sont rares et quand nous nous croisons, il y a toujours
plaisir à échanger quelques mots.
N'ayant pas trouvé de passage pour la Bulgarie, je bivouaque à
Giurgiu en espérant passer la frontière le lendemain et
trouver un peu de tranquillité sur les routes. La circulation
est incessante, les carioles, les cyclistes, les camions cohabitent
avec des véhicules roulant à des vitesses excessives qui n'hésitent
pas à doubler alors que j'arrive en face. Ce qui est encore plus
stressant, ce sont les petites stèles mortuaires qui jalonnent les
bas côtés et qui me semblent particulièrement rapprochées avec parfois 3
visages gravés.
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Même si l'endroit ressemble à un cimetière de bateaux,
il y a au moins de l'eau douce pour la toilette du soir.
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Mer 10/08 Giurgiu _ Svishtov 110kms Etape 10
L'orientation est plus compliquée, si la langue roumaine a beaucoup de
similitude avec l'italien, le supermarché ou la boulangerie sont plus
difficiles à trouver avec le bulgare, .
Quitter la ville va me poser de grandes difficultés, je n'arrive
à m'extirper d'un rond point qui donne accès à des voies
rapides. C'est à pied que je regagne les petites rues qui vont
m'emmener sur les hauteurs dans des quartiers tziganes, tous étonnés de me
voir arriver là, et se terminer dans des chemins de terre avant de
rejoindre mon itinéraire.
Le reste de la journée se passe dans la campagne bulgare sur des routes
vallonées au revêtement fait de gros graviers qui occasionnent des
vibrations dans le guidon et les poignets apprécient
moyennement.
A Svishtov , tenté de prendre une pension à 20€, j'ai
la flemme de remonter en ville et j'ai de quoi manger au
bivouac en bordure d'un champ de maïs grillé par le soleil comme tous ceux
que j'ai pu voir depuis mon départ.
Maintenant bien organisé, les nuits sont réparatrices à l'inverse
des campings et des hôtels où il y a du bruit, la télévision ou l'internet et ses couchers
tardifs.
Jeu 11/08 Svishtov_Bechet 133 kms Etape 11
Le parcours de ce matin me fait longer le port de commerce et une
centrale nucléaire qui semble désaffectée puis je quitte la rive du fleuve
pour aller dans l'arrière pays à travers les collines
avec mon moment préféré de la matinée, la pause café dans les
épiceries qui font office de salon de thé. Lieu de
rencontre quelque soit l'heure, j'y ai toujours croisé des personnes
même dans les villages éloignées du fleuve où il y avait peu
d'activité.
L'itinéraire de l'après-midi étant très sinueux avec du
relief , le retour en Roumanie où la route est plus directe mais aussi
plus fréquentée s'impose.
Traversée en bac avec un motard argentin de Marseille
qui venait sillonner les petites routes des Balkans
et des Carpates.
Après 3 nuits dans la nature, je m'accorde enfin une nuit à
l'hôtel avec un restaurant en compagnie d'un québécois qui, suite à un héritage, prenait du bon temps à
refaire le road trip d'un écrivain d'Amsterdam à Istanbul.
N'ayant rien compris au menu et voulant tester la gastronomie locale,
j'ai mangé ce qui se révéla être une soupe de tripes.
Je me suis rattrapé sur le petit déjeuner du lendemain.
Ven 12/08 Bechet _ Novo Sélo 130 kms Etape 12
Aujourd'hui, départ définitif de Roumanie après 10 jours de randonnée pas toujours
touristique.
Le première semaine dans des régions rurales aux parcelles immenses qui
n'appartiennent pas forcément aux habitants
croisés dans les villages, mais plutôt à des cultivateurs
venus de l'Europe de l'ouest. Plus la mauvaise habitude des
automobilistes de jeter leurs emballages
plastiques dans les bas côtés des routes. Les autorités tentent d'y
remédier en instaurant la reprise des consignes sur les parkings des
grandes surfaces et en verbalisant les décharges sauvages.
Le recyclage permet d'obtenir des réductions de 10% sur les mêmes
articles.
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Signe de réussite
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Par la suite quand le Danube s'oriente vers l'ouest, avec des
entreprises implantées sur ses berges et la diaspora qui
y pose ses valises, les villages sont privilégiés et les
bords de routes moins souillés.
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Ils donnent envie de les suivre jusqu'au bout du
monde
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Prévenu par des cyclos précédents, je finis par croiser
Laura et Mitch, un couple d'Américains qui ont commencé leur tour du
monde en Ecosse et qui se dirige vers l'Extrême Orient via Istanbul. Du
peu de cyclos que j'ai pu rencontrer, les Nord-Américains étaient bien
représentés. En cause, les difficultés d'itinéraire rencontrées
pour pratiquer l' activité sur leur continent .
Sam 13/08 Novo Sélo_ Kladovo 95 kms Etape 13
Je bivouaque à la sortie de Kladovo, petite ville touristique, dans un jardin public en friche où je fais la connaissance d'un habitant qui vient pêcher avec son fils. Il me montre des photos de son frère, adepte du cyclotourisme avec son chien qu'il emmène partout en Europe.
Dim 14/08 Kladovo _Dobra 100 kms Etape 14
Ce matin, j'ai à peine le temps de ranger qu'il se met à pleuvoir. En
regagnant le centre ville, nouvelle crevaison et premier arrêt
sous les balcons des appartements pour réparer.
L'attente de l'accalmie en terrasse dans les allées piétonnes me donne envie de paresser ce dimanche
matin.
A midi, déjeuner avec quatre Français de la région parisienne. Avec un vol , une location de voiture et un hébergement low-cost, ils sont ravis de découvrir les attraits touristiques de la Serbie.
Avant de reprendre la route, le temps se dégrade rapidement .
Après 2 semaines de chaleur, je vais passer mon dimanche après-midi dans les
intempéries alors que
je traverse un des sites emblématiques de l'Eurovélo 6.
Solidarité entre deux roues sous la pluie , le V d'un motard
et le hochement de tête d'un cyclo, accompagné d'un sourire qui en dit long sur notre
dimanche après-midi, ravi de ne pas être le seul dans
cette galère.
Petit moment de stress avec la circulation d'un dimanche sur une route touristique malgré le gilet fluo et le feu rouge clignotant
et, après 2 nuits de bivouac, la lampe frontale est
déchargée. Je traverse les tunnels en distinguant la ligne
blanche mais sur un plus long, je reste coincé dans
l'obscurité. C'est en tenant le guidon d'une main et le portable
de l'autre que je trouve la sortie.
Trop tard pour sortir des gorges et trouver un hébergement,
c'est bien au sec que je vais squatter une cabane de
pêcheur.