3/06/23

Constanta (R)- Lipnita ( R)

Sam 30 juillet             Figari Sud Corse_Paris-Orly

Départ de Figari Sud Corse en fin d'après-midi avec un carton de 23 kg autorisés  contenant le vélo et de l'équipement ainsi que  2 bagages de cabine,  une des deux sacoches transformée en sac à dos et un petit sac isotherme . Avec les vêtements que je porte, la totalité représente  35 kg.
Arrivé à 22h à Paris-Orly, il est  trop tard pour rejoindre Roissy, je passe donc la nuit dans l'aéroport , une occasion de tester sac et matelas de couchage. A une heure du matin, nous sommes avertis de la fermeture de l'aérogare qui ne rouvrira qu'à 4 h30. L'annonce ne sera pas suivi d'effet car je passe ma nuit blanche dans un endroit discret où je ne serai pas dérangé.


Dim 31 Paris  CDG -Constanta ( Roumanie)

Transfert avec le RER jusqu'à Roissy où  mon premier vol  décolle à  la mi-journée pour Munich.
Déambulation dans l'aérogare jusqu'à 22h30 en attendant le suivant qui  m'emmènera à Cluj Napoca dans les Carpates.


Lun 1 Août        Aéroport Constanta_Mamaia-Sat        46 kms        Etape 1


Il reste à rejoindre Constanta sur la mer Noire avec  le dernier vol  prévu en fin de nuit.

A l'enregistrement,  la compagnie aérienne  me réclame un supplément de 55 € pour bagage volumineux alors qu'Air France et Lufthansa  n'avaient pas posé de problème.

L'avion se pose au lever du jour, 5 heures, heure française, mais  il faut en rajouter une pour le changement de fuseau horaire.

Malgré le manque de sommeil ces dernières 48 heures, je suis  relativement éveillé. Le temps de  remonter le vélo et l'équiper avec  les sacoches petites et grandes, je quitte l'aéroport vers 11 h pour rejoindre Constanta à 25 km  par une voie rapide . Le gilet jaune et mon feu arrière ne suffisent pas à me rassurer. 


Les similitudes du roumain avec l'italien
Priorité : trouver de l'argent afin de  ravitailler et surtout boire un café. Ne connaissant pas le taux de change Euro-LEI, je sélectionne un montant à 3 chiffres au DAB mais la liasse de billets n'équivaut qu'à une dizaine d'Euros.


Une visite rapide  de Constanta et son littoral  baigné par  la mer Noire.


Je finis par quitter Constanta  en longeant la mer Noire ; il y a  peu de pistes cyclables et il faut souvent slalomer dans le trafic, aussi bien sur la  route que sur les trottoirs. 

Je n'ai pas vraiment l'impression d'avoir quitté la ville car le bord de mer connait une urbanisation galopante et le coucher de soleil n'y change rien.



Arrivé dans  un camping du littoral à Mamaia-Sat, le temps de monter la tente et  premier moment de détente depuis 3 jours avec  un bain bien mérité.

Mar 2/08               Mamaia-Sat_ Sarichoi             104 kms        Etape 2
L'hébergement s'avère plus compliqué car le  camping indiqué sur Google n'existe plus. Les champs  offrant  peu d'endroits propices au  bivouac et comme  il est déjà tard, je me rabats sur les installations sportives  à la sortie du village où s'y joue un match de football. Je vais patienter au  petit port de pêche en prenant le repas du soir.  Le temps que le parking se vide, j'ai monté la tente la nuit tombée.


Mer 3/08            Mamaia-Sat _ Tulcéa           80 kms                  Etape 3


Je quitte définitivement  la mer Noire pour rejoindre le Danube. Comme la région est marécageuse, l'essentiel du parcours se situe dans les collines. Une succession de montagnes russes avec des villages dans les vallées où je subis ma première attaque, 1, 2, 3 puis 4 chiens. A force de cris et de grossièretés, pour être plus convaincant  et avant l'arrivée de tous les chiens du village, les propriétaires  finissent par sortir pour les rappeler .
Dans l'après-midi, je rencontre un papy  avec son motoculteur en panne sèche . Je lui propose  la réserve de carburant de mon  réchaud qu'il préfère refuser. Il était tellement content qu'il a manifesté sa gratitude en m'embrassant les mains. Par chance, c'était au milieu de nulle part.
Dans la journée, un texto de Pascale m'apprend  que les accessoires de vélo dont le compteur kilométrique prévus pour ce voyage sont arrivés, soit 2 mois après la commande .


C'est un peu avant mon arrivée à  Tulcea que je peux admirer un panorama sur  le delta


                            et rejoindre la ville et  la civilisation. 
Au  Delta Camping de la ville, je rencontre enfin mes 2 premiers cyclotouristes ainsi qu'un couple de  jeunes militants  qui représenteront leur section départementale à la fête de l'Huma. Ayant  sillonnés la Roumanie, ils  me conseillent de raccourcir mon périple en coupant par les Carpates mais le relief est accidenté et l'hébergement inexistant. De plus, la divagation des  ours sur le bord des routes rend le bivouac hasardeux.

 Jeu 4/08                   Tulcea _ Galati          90 kms                    Etape 4

La nuit fut loin d'être réparatrice avec des campeurs qui ont veillé tard et un rodéo urbain  dans les rues voisines 
heureusement le parcours  de ce matin est  plat.
 
 Ayant quitté le littoral, la température commence à grimper. 

N'ayant  pas totalement récupéré  du  périple en avion, de la nuit précédente  et  d'un début de bronchite, je loue  un appartement au centre ville pour moins de 30 €. Le propriétaire travaille à l'étranger comme beaucoup de Roumains et place son argent dans l'immobilier.
Au 4-ème sans ascenseur , j'ai multiplié les allers-retours   pour  monter  l'équipement, ravitailler et profiter  du  centre ville animé en cette fin de journée.

Ven 05/8            Galati _ Macin                          35 kms                Etape 5 

Quand j'ai repris le vélo ce matin, j'ai tout de suite compris que ça ne le ferait pas, je n'avais aucune force dans les jambes, ma petite bronchite n'avait pas arrangé les choses. J'ai donc parcouru une trentaine de kilomètres jusqu'à Braïla où je me suis installé dans un jardin public avec  des oranges,  des pêches et un yaourt familial  que j'ai englouti.  Je somnolais sur la pelouse quand quelqu'un m'a heurté le pied pour me réveiller en m'expliquant que je ne pouvais pas rester, j'ai fini par comprendre que des tziganes rôdaient et qu'il était préférable pour ma sécurité de ne pas dormir là mais  plutôt aller à l'hôtel. Bizarrement, c'était toujours le même nom d'établissement  qu'il citait. En réalité, il devait toucher une commission quand il ramenait un client. C'est quand il a commencé à vouloir ranger mes affaires sur le vélo que je me  suis agacé. Il est parti sans insister.


Sam 6/08              Macin_Topalu          90 kms                    Etape 6

Couché peu après  la tombée de la nuit, j'ai quasiment fait le tour du cadran, réveillé parfois, malgré les boules Quies, par des pêcheurs ou fêtards qui ont écouté le  top 40 des chansons roumaines des dernières décennies  jusqu'au lever du jour. 

Je continue ma longue descente vers le sud commencée  la veille.  La plaine du Danube étant marécageuse et la route principale très empruntée, l'itinéraire  s'en éloigne  et  me fait prendre de la hauteur. Les routes sont peu fréquentées et bien souvent en gravel comme me l'a indiqué la poussière blanche sur les vélos de randonneurs allemands rencontrés  le matin ( je ne suis pas le seul à pédaler dans ces contrées).

Lequel des deux semble  soulagé?
En milieu d'après-midi, grosse frayeur en haut d'une colline où se trouve une ferme. A mon passage, deux gros molosses   en sortent comme des furies et me coursent sur plusieurs dizaines de mètres. Il m'a fallu sprinter  dans la descente pour leur échapper. Au village suivant, j'ai croisé un autre randonneur allemand que j'ai mis en garde  sur sa mauvaise rencontre à venir.
Je termine ma journée à Topalu où existerait un gîte pour pêcheurs. Il est fermé, je prévois un nouvelle  soirée bivouac. A la petite épicerie du village qui fait office de bar, j'ai l'impression que tous les hommes du villages sont attablés  en terrasse. L'un d'entre eux vient me voir,   il me parle en me criant dessus, je crois reconnaitre de l'italien avec de l'espagnol et le l'anglais. Il a lui aussi travaillé à l'étranger et notamment dans les Emirats où il a gagné suffisamment d'argent pour vivre correctement ici avec ses enfants qu'il me présentent tout en m'offrant un verre et en parlant un peu moins fort.
Dans les rues que j'emprunte pour rejoindre la rivière, ne restent que les femmes, les enfants et les chiens qui, bien entendu, me coursent en aboyant. C'est à mon tour de crier, ce qui fait bien rire les habitants.



Dim 7/08            Topalu _ Lipnita                        90 kms            Etape 7

Au réveil, un chien présent la veille est encore là, une  race identique à ceux qui m'avaient poursuivi  la veille. Comme les chiens  du  bivouac au stade de football, ils attendent quelque chose à manger et me tiennent compagnie. Des chiens errants qui ne semblent pas pour autant affamés. Ils sont dans tous les villages et peu d'entre eux sont agressifs. J'ai remarqué qu'ils me coursaient  mais s'arrêtaient à la hauteur des sacoches sans avoir vraiment la volonté de mordre. 
Beaucoup de randonneurs croisés par la suite me poseront la question parce que c'est la   hantise pour bon nombre d'entre nous.


Erreur de navigation et entêtement de ma part, dans la journée: le  gps me fait prendre à gauche par la colline alors qu'une route longe le fleuve. Par flemme , je vais tout droit pour me rendre compte que la route a été emportée par les crues. J'ai quand même gravi   cette  colline mais en poussant le vélo.

Site classé que je n'ai jamais retrouvé sur Maps

Le  dimanche se passe  en  alternant  collines , vallées et rive du fleuve. Je déjeune à midi  dans une petite ville où il y a bien des hébergements mais il est encore trop tôt pour s'arrêter. Sachant qu'après, il n'y a rien sur 100km, il faut ravitailler   pour mon troisième bivouac d'affilée.

Le seul avantage des collines :  le panorama

Dans l'après-midi alors qu'il fait très chaud, je récupère de l'eau fraîche d'un habitant qui faisait le plein au puits du village. Elle complète ma ration d'eau pour le bivouac et m'autorise une petite toilette en plus de la cuisine, la vaisselle et le café du petit déjeuner.
En traversant un village, j'ai croisé mon deuxième enterrement. Le cercueil du défunt avec son chapeau  est déposé dans ce qui devait être sa cariole suivi par la famille et  des voitures qui klaxonnent. C'est la tradition  car la première fois, je pensais qu'il s'agissait de conducteurs impatients . 

Les avis de décès sont placardés sur  les pylônes et les lampadaires.




Amère constatation, j'en suis à ma 7ème étape mais seulement à 38 kms de mon point de départ, Constanta. Un grand détour pour voir peu de chose du delta.  J'apprendrai plus tard qu'il y avait des sorties en bateau organisées afin de  découvrir la faune et la flore. Conséquences  d'un voyage insuffisamment préparé et d'un départ précipité.

2/24/23

Lipnita (RO) -Dobra (SRB)


Lun 8/08            Lipnita  _ Calarasi                                        50 kms          Etape 8 

Ma descente vers le sud est terminée, à 5 km de la Bulgarie, le fleuve s' oriente vers l'ouest. 
J'ai la possibilité de passer la frontière mais il me reste des devises roumaines et je veux m'accorder une 1/2 journée de repos pour recharger le portable, entretenir le vélo qui a souffert sur les pistes et surtout prendre une douche. Au bivouac précédent, je m'étais simplement rincé le visage  mais après une journée de canicule et la couche de protection solaire, s'allonger sur le sac de couchage fut trop désagréable.

Monastère St Ioan Botezatorul

 Le fleuve servant de frontière, je le  traverse  pour rester en Roumanie.


J'arrive à Calarasi à midi où je réserve une chambre en ligne pour  la récupérer à 16 h.
Le temps d'un pique-nique et d'une sieste dans un jardin public où là encore on me réveille, c'est un agent de police qui m'explique que je ne dois pas dormir sur les bancs. Il n'insiste pas quand je lui montre la   réservation  de ma chambre. J'ai compris par la suite qu'il s'agissait du parc de la mairie avec les locaux du commissariat. (il n'y avait pas de panneau " Interdit aux roms, tziganes et Cyclo randonneurs)    

Pensant avoir terminé ma journée, le propriétaire m'apprend que son hôtel est fermé alors que j'avais la réservation. Il m'oriente vers une pension. Il me reste assez d'énergie pour reprendre le vélo et aller au KFC.

Mar 9/08            Calarasi _ Giurgu                                      143 kms          Etape 8

J'ai repris la route pour une longue et chaude  journée. Entre le soda du matin, celui de l'après midi, la bière du soir et 3 bouteilles d'eau par jour, je ne suis pas loin des 6 litres. Aux heures les plus chaudes , j'humidifie le tee-shirt et la casquette ce qui me procure un peu de fraicheur même si je ne roule qu'à 15 km/heure.    

Immensité du Danube



Un couple  de Canadiens qui se rendent à Istanbul 
Les randonneurs sont rares et quand nous nous croisons, il y a toujours plaisir  à échanger quelques mots.

N'ayant pas trouvé de  passage pour la Bulgarie, je bivouaque à Giurgiu en espérant passer la frontière le lendemain et   trouver un peu de tranquillité sur les routes. La circulation est  incessante, les carioles, les cyclistes, les camions cohabitent avec  des véhicules roulant à des vitesses excessives qui n'hésitent pas à doubler alors que j'arrive en face. Ce qui est encore plus stressant,  ce sont les petites stèles mortuaires qui jalonnent les bas côtés et qui me semblent particulièrement rapprochées avec parfois 3 visages  gravés.

Même si  l'endroit ressemble à un cimetière de bateaux,  il y a au moins de l'eau douce pour la toilette du soir.


Mer 10/08             Giurgiu _  Svishtov                                 110kms          Etape 10 

   
L'orientation est plus compliquée, si la langue roumaine a beaucoup de similitude avec l'italien, le supermarché ou la boulangerie sont plus difficiles à trouver avec le bulgare,  .

Quitter la ville va me poser  de grandes difficultés, je n'arrive à  m'extirper  d'un rond point qui donne accès à des voies rapides.  C'est à pied que je regagne les petites rues qui vont m'emmener sur les hauteurs dans des quartiers tziganes, tous étonnés de me voir arriver là,  et se terminer dans des chemins de terre avant de rejoindre mon itinéraire. 


Le reste de la journée se passe dans la campagne bulgare sur des routes vallonées au revêtement fait de gros graviers qui occasionnent des vibrations  dans  le guidon et les  poignets apprécient moyennement.



 A Svishtov ,  tenté de prendre une pension à 20€,   j'ai la flemme  de remonter en ville et  j'ai de quoi manger au bivouac en bordure  d'un champ de maïs grillé par le soleil comme tous ceux que j'ai pu voir depuis mon départ.
Maintenant bien organisé, les  nuits sont réparatrices à l'inverse des campings et des hôtels où il y a du bruit, la télévision ou l'internet et ses couchers tardifs.


Jeu 11/08            Svishtov_Bechet                                133 kms          Etape 11

Le parcours de ce matin me fait longer le port de commerce et une centrale nucléaire qui semble désaffectée puis je quitte la rive du fleuve pour aller dans l'arrière pays à travers les collines  


avec mon moment préféré de la matinée, la pause café dans les épiceries  qui font office   de salon de thé. Lieu de rencontre  quelque soit l'heure, j'y ai toujours croisé des personnes même dans les villages éloignées du fleuve où il y avait peu d'activité. 

L'itinéraire de  l'après-midi étant très sinueux avec  du relief , le retour en Roumanie où la route est plus directe mais aussi plus fréquentée  s'impose.

 
Traversée en   bac  avec un motard argentin de Marseille qui  venait  sillonner  les petites routes des Balkans et  des Carpates.

     

  Après 3 nuits dans la nature,  je m'accorde enfin une nuit à l'hôtel avec un restaurant en compagnie d'un québécois qui, suite à  un héritage, prenait du bon temps à refaire le road trip  d'un écrivain d'Amsterdam à Istanbul.   
N'ayant rien compris au menu et voulant tester la gastronomie locale, j'ai mangé ce qui se révéla être une soupe de tripes. 
Je me suis rattrapé sur le petit déjeuner du lendemain.



Ven  12/08            Bechet _ Novo Sélo                              130 kms          Etape 12

Aujourd'hui, départ  définitif de  Roumanie après 10 jours de randonnée pas toujours touristique.
Le première semaine dans des régions rurales aux parcelles immenses qui n'appartiennent  pas  forcément  aux habitants   croisés dans les villages,  mais plutôt à des cultivateurs venus de  l'Europe de l'ouest. Plus la mauvaise habitude des automobilistes de jeter   leurs   emballages plastiques dans  les bas côtés des routes. Les autorités tentent d'y remédier  en instaurant la reprise des consignes sur les parkings des grandes surfaces et en verbalisant  les décharges sauvages.


 
Le recyclage permet d'obtenir des réductions de 10% sur les mêmes articles.


Signe de réussite
Par la suite quand le Danube s'oriente vers l'ouest,  avec des entreprises implantées sur ses berges  et la diaspora qui y  pose ses valises, les villages sont  privilégiés et les bords de routes moins souillés.

 Ils donnent envie de les  suivre  jusqu'au bout du monde 
 Prévenu par des cyclos précédents, je finis par croiser  Laura et Mitch, un couple d'Américains qui ont commencé leur tour du monde en Ecosse et qui se dirige vers l'Extrême Orient via Istanbul. Du peu de cyclos que j'ai pu rencontrer, les Nord-Américains étaient bien représentés. En cause, les difficultés d'itinéraire rencontrées  pour  pratiquer l' activité  sur leur continent .

 
  Sam 13/08            Novo Sélo_ Kladovo                      95 kms     Etape 13


Je bivouaque à la sortie de Kladovo, petite ville touristique, dans un jardin public en friche où je fais la connaissance d'un habitant qui vient pêcher avec son fils. Il me montre des photos de son frère, adepte du cyclotourisme avec son chien qu'il emmène partout en Europe.

Dim  14/08            Kladovo _Dobra                     100 kms     Etape 14

Ce matin, j'ai à peine le temps de  ranger qu'il se met à pleuvoir. En regagnant le centre ville, nouvelle crevaison et premier arrêt  sous les  balcons des appartements pour réparer.  
L'attente de  l'accalmie en terrasse dans les allées piétonnes me donne envie de paresser ce dimanche matin.  

A midi,  déjeuner avec quatre Français de la région parisienne. Avec un vol , une location de voiture et un hébergement low-cost, ils sont ravis de découvrir les attraits touristiques de la Serbie.
 Avant de reprendre la route, le temps se dégrade rapidement .


Après 2 semaines de  chaleur,  je vais passer mon dimanche après-midi dans les intempéries   alors que je traverse un des sites emblématiques de l'Eurovélo 6.
Solidarité entre deux roues sous la pluie , le V d'un motard et le hochement de tête d'un cyclo, accompagné d'un sourire  qui en dit long sur notre dimanche après-midi, ravi de ne pas  être le seul dans cette galère.
Petit moment de stress avec  la circulation d'un dimanche sur une route touristique  malgré le gilet fluo et  le feu rouge clignotant et, après 2 nuits de bivouac, la  lampe frontale est déchargée. Je traverse les tunnels  en distinguant la ligne blanche mais sur un plus long, je reste  coincé dans l'obscurité. C'est en tenant le guidon d'une main et le portable de l'autre que je trouve la sortie.   



Trop tard pour sortir des gorges et trouver un hébergement,  c'est  bien au sec que je vais squatter une cabane de pêcheur.

2/23/23

Dobra (SRB) - Esztergom (H)



Lun  15
/08            Dobra- Pancevo                   138 kms             Etape 15

Nuit blanche, étant à l'abri, je n'ai  pas installé la tente mais j'ai passé la nuit à me protéger des piqûres de moustiques malgré l'application de lotion et la tête dans la capuche du sac de couchage.

 C'est au cours de mes gesticulations nocturnes  que j'ai rayé mes verres de lunettes sur la dalle en béton sur laquelle je dormais. Bref un long dimanche d'infortune.

Au cours d'une énième crevaison, un cyclo autrichien s'est arrêté pour m'aider, il finissait son Eurovélo du Rideau de Fer  après 13000 kms. Arrivé dans le delta, il espère remonter à  Vienne  à bord d'une des  nombreuses péniches du Danube.                                                                                                            

Le temps s'est couvert l'après-midi  et j'ai pris l' orage . Un chien errant m'a accompagné sur plusieurs kilomètres.  De peur,  il se collait au vélo   au risque de  me faire chuter et  faisait des roulés boulés  dans le bas côté à chaque coup de tonnerre.                                                                                                              Mon forfait ne proposant pas les données mobile pour la Serbie, c'est par texto  que  Pascale m'a déniché une location  avec   douche et Wifi à Pancevo, qui plus est devant un supermarché .                                                                                                                        Pensant y avoir vu une plaque de cuisson dans la  kitchenette, j'ai acheté une côte de porc mais j'ai dû utiliser mon réchaud à essence, mi-camping gaz mi- lance flamme, pour la cuisiner. Par chance il n'y avait pas de détecteur de fumée.                                                                                                                                  
La soirée s'est passée à entretenir le vélo avec  le pneu à changer impérativement, un changement de la roue arrière trop voilée  est aussi à envisager.  
 Après avoir regardé sur Internet" Visiter Belgrade en 1 jour", j'ai repéré sur Maps les sites touristiques et les marchands de vélo. Un circuit qui me donnera l'occasion de sillonner  la ville.
Et  pour m'endormir, un zapping de toutes les chaînes serbes.


Mar  16/08            Pancevo- Belgrade- Stari Slankamen        82 kms       Etape 16

Le temps de traverser une manifestation paysanne et d'emprunter une quatre voies car le tracé du GPS est trop sinueux

Belgrade

Mon itinéraire commence chez Décathlon en périphérie où il n'y a que   du pneu Btwin   avec lequel je n'arrête pas de crever. Ils ne sont pas conçus pour cet usage. Au centre ville, je vais trouver un Schwalbe hors de prix . La tranquillité a un coût. 

 Aujourd'hui, je n'ai vu que 3 cyclos  dont un couple  et ce soir, un jeune  à la recherche  d'un bivouac et que je n'ai pas revu. 
L' emplacement n'est pas terrible dans le jardin d'une maison inoccupée  mais avec une vue magnifique sur la vallée.  C'est une maison avec des voisins alors je n'ose pas trop squatter la terrasse.

Le cyclo sait se faire discret


Mer  17/08            Stari Slankamen _ Novo Sélo              109 kms             Etape 17

L' itinéraire de ce matin me fait traverser des coteaux couverts de  vignes avant d'arriver à Novi Sad. 

Capitale européenne de la culture et deuxième ville de Serbie, je ne me suis pas aventuré dans la cité. Juste   le temps de ravitailler et je regagne les berges du Danube.




Aperçu dans les villages en plus des églises , des cours  de tennis en terre battue  au fond des jardins expliquant la passion des serbes pour le tennis.

Après les dernières maisons de Novi Sad, l'itinéraire emprunte désormais des petites routes qui ressemblent à des pistes cyclables.  Il n'y a pas de circulation automobile et  l'Eurovélo 6 est balisé.

J'hésite à passer en Croatie pour utiliser mon forfait Internet mais étant sur de la piste cyclable, je  préfère remettre au lendemain.



Bivouac dans un camping désaffecté avec des bâtiments où sont réunies des familles . Je vais me baigner et passer une bonne soirée en musique bien que la plage ne  se soit  pas vidée avant minuit .


Jeu  18/08            Novo Sélo_Bezdan               101 kms             Etape 18




 A peine 15 km après être parti, j'espère traverser pour aller en Croatie mais le niveau du fleuve est trop bas et  le bac ne navigue  pas.


Les pistes cyclables, quelquefois en gravel, sont très roulantes  et surtout sans voiture, avec un  balisage et des panneaux d'informations, il ne manque que les cyclo randonneurs. (passé Budapest, il y en aurait beaucoup plus ).




Vu depuis Constanta, les ruches itinérantes emmenées sur des remorques en fonction des floraisons.
Les propriétaires y accèdent par une porte  et les entretiennent de l'intérieur.
Pour celles situées près de la piste cyclable, le bourdonnement des insectes de donnent pas envie de s'y attarder.
 

Ne croisant personne sur les lignes droites sans fin, le  manque d'activité dans les champs grillés par la sécheresse et  l'absence de faune,  la journée est longue et  monotone sous le soleil de plomb. 
Après le repas et la sieste, je modifie l'itinéraire pour   emprunter des routes et des zones habitées où je pourrai manger une glace et boire le café.


 Mon forfait Internet étant dépassé,  c'est par téléphone avec la famille  que je trouve un camping à Bezdan où le propriétaire me propose une tente pour à peine plus cher qu'un emplacement.

Chien plongeur

Ven 19/08             Bezdan _ Fajsz                108 kms                  Etape 19

Réveillé à 5 heure par les cloches de l'église, j'ai pris la route  de bonne heure. Passé la frontière croate, l'envoi des Snaps et WhatsApp en retard , privé d'Internet que j'étais, n'aura pas suffi. La veille, un message m'informait du dépassement de forfait téléphone  pour trouver l'hébergement.
La Serbie m'a explosé la facture: 6 Mo d'internet=60€ et 23 mn de communication 90€. Il y avait bien  la solution des cartes prépayées des supermarchés à condition de comprendre le cyrillique.



Sam 20/08            Fajsz_  Szigetszenmarton 103 kms                  Etape 20

Château d'eau
Ce matin, le ciel  est toujours très  menaçant et je finis par quitter mon abri.
 La canicule n'est plus qu'un souvenir.

 J'ai alterné pistes et routes en traversant les villages.




Dim 21/08            Szigetszenmarton_Budapest         55 kms                  Etape 21

A propos de l'animation et des  festivités de la veille,  j'ai compris que c'était un jour de  fête nationale.
 

Diversité de la langue
 hongroise






L'arrivée à Budapest par un sentier qui nous amène directement dans la cité



Génial, il y a des tramways

Ouverture prévue en  2023 pour les championnats du monde d'athlétisme

Deux heures de pluie torrentielle avant d''installer la tente  au camping Haller  avec son snack, ses burgers et ses lave-linges. Le temps est humide mais la lessive ne peut  attendre . Je passe la fin  d'après-midi bien au sec dans un complexe commercial.

Lun  22/08                                       Budapest                         

Il a plu une bonne partie de la nuit  et je fais la connaissance d'Aurélia qui a abandonné sa tente inondée pour se réfugier sous un  abri de pique-nique. Venant de Mulhouse avec un vélo couché électrique, elle retourne en France. Rendez- vous est pris ce soir pour l'aider à rejoindre la gare routière. 
Jour consacré à la visite de Budapest et à la recherche d'une roue arrière comme fil conducteur.
      
Dans  mon circuit, après plusieurs vélocistes, je trouve une  roue arrière Deore d'occasion que je pourrai récupérer le lendemain dès l'ouverture...
Plus tard, j'accompagne la voisine de tente avec  son vélo électrique empaqueté et ses bagages contenant entre autres des souvenirs et des pots de miel glanés sur l'Eurovélo. 
Chauffeur/jardinière  de sous-préfecture, elle ne parle pas un mot d'anglais ou d'allemand mais utilise à merveille son Google Traduction .
100kg entre le vélo couché,
les 2 batteries,
l'équipement et les souvenirs 



A respecter mes engagements, ma sortie nocturne  s'est résumée au Groupama Arena  à défaut  de Budapest by night et son Parlement illuminé.

Mar 23/08            Budapest _ Esztergom       82  kms                  Etape 22

Avant de quitter Budapest, passage chez le vélociste dès l'ouverture, mais ne s'attendant certainement pas à me revoir, il va arriver 1/2 h plus tard, ce qui me donne le temps mettre le vélo à nu pour le changement de roue. La roue arrière était tellement voilée qu'il fallait  desserrer totalement les patins de frein . 
Dans la banlieue de  Budapest je ne trouve pas la route  indiqué par le GPS. Je suis perdu entre les barres d'immeuble et une voie rapide. En réalité, il fallait emprunter la   barrière d'accès  d'une gare et suivre les quais.




Ce  matin encore, l'impression   que les Hongrois vivent avec leur fleuve  se confirme, des aménagements partout , les nombreux cyclistes et piétons,  les guinguettes, les parcs, les clubs nautiques d'aviron canoé , chaque bâtiment  dispose de rails permettant de mettre  les embarcations à l'eau.
Contrairement  à la semaine précédente,  les pistes cyclables empruntées sont  plaisantes. Très utilisées par les locaux, elles longent le fleuve, parfois la route  et  traversent les parcs et jardins. 





A l'entrée de la commune où j'emprunte le ferry, je n'ai pas  regardé si la commune était jumelée avec Condom en France. 


Une heure trente d'attente pour le  dernier bac de la journée, je suis tenté  d'aller au camping voisin mais l'accueil est désagréable et on m'oblige à prendre  un emplacement caravane. 

Deux  cyclos   israéliens rencontrés précédemment  me proposent de partager  leur emplacement   mais je refuse poliment, encore sous le coup du désagréable accueil.
Croisière sur le Danube

Je  prends finalement le  bac   pour rejoindre  Esztergom et bivouaquer au bord de la rivière.
A ne pas regretter mon camping et ma croisière d'aujourd'hui.