Sam 30 juillet Figari Sud Corse_Paris-Orly
Départ de Figari Sud Corse en fin d'après-midi avec un carton de 23 kg
autorisés contenant le vélo et de l'équipement ainsi que 2
bagages de cabine, une des deux sacoches transformée en sac à dos
et un petit sac isotherme . Avec les vêtements que je porte, la totalité
représente 35 kg.
Arrivé à 22h à Paris-Orly, il est trop tard pour rejoindre Roissy, je
passe donc la nuit dans l'aéroport , une occasion de tester sac et matelas
de couchage. A une heure du matin, nous sommes avertis de la fermeture de
l'aérogare qui ne rouvrira qu'à 4 h30. L'annonce ne sera pas suivi d'effet
car je passe ma nuit blanche dans un endroit discret où je ne serai pas
dérangé.
Dim 31 Paris CDG -Constanta ( Roumanie)
Transfert avec le RER jusqu'à Roissy où mon premier vol décolle
à la mi-journée pour Munich.
Déambulation dans l'aérogare jusqu'à 22h30 en attendant le suivant qui m'emmènera à Cluj Napoca dans les Carpates.
Déambulation dans l'aérogare jusqu'à 22h30 en attendant le suivant qui m'emmènera à Cluj Napoca dans les Carpates.
Lun 1 Août Aéroport Constanta_Mamaia-Sat 46 kms Etape 1
Il reste à rejoindre Constanta sur la mer Noire avec le dernier
vol prévu en fin de nuit.
A l'enregistrement, la compagnie aérienne me réclame un
supplément de 55 € pour bagage volumineux alors qu'Air France et
Lufthansa n'avaient pas posé de problème.
L'avion se pose au lever du jour, 5 heures, heure française, mais il
faut en rajouter une pour le changement de fuseau horaire.
Malgré le manque de sommeil ces dernières 48 heures, je suis
relativement éveillé. Le temps de remonter le vélo et l'équiper
avec les sacoches petites et grandes, je quitte l'aéroport vers 11 h
pour rejoindre Constanta à 25 km par une voie rapide . Le gilet jaune
et mon feu arrière ne suffisent pas à me rassurer.
|
|
| Les similitudes du roumain avec l'italien |
Priorité : trouver de l'argent afin de ravitailler et surtout boire
un café. Ne connaissant pas le taux de change Euro-LEI, je sélectionne un
montant à 3 chiffres au DAB mais la liasse de billets n'équivaut qu'à une
dizaine d'Euros.
Une visite rapide de Constanta et son littoral baigné par la mer Noire.
Je finis par quitter Constanta en longeant la mer Noire ; il y
a peu de pistes cyclables et il faut souvent slalomer dans le
trafic, aussi bien sur la route que sur les trottoirs.
Je n'ai pas vraiment l'impression d'avoir quitté la ville car le bord de
mer connait une urbanisation galopante et le coucher de soleil n'y change
rien.
Mar 2/08 Mamaia-Sat_ Sarichoi 104 kms Etape 2
L'hébergement s'avère plus compliqué car le camping indiqué sur
Google n'existe plus. Les champs offrant peu d'endroits
propices au bivouac et comme il est déjà tard, je me rabats
sur les installations sportives à la sortie du village où s'y joue
un match de football. Je vais patienter au petit port de
pêche en prenant le repas du soir. Le temps que le parking se
vide, j'ai monté la tente la nuit tombée.
Mer 3/08 Mamaia-Sat _ Tulcéa 80 kms Etape 3
Je quitte définitivement la mer Noire pour rejoindre le Danube.
Comme la région est marécageuse, l'essentiel du parcours se situe dans
les collines. Une succession de montagnes russes avec des villages dans
les vallées où je subis ma première attaque, 1, 2, 3 puis 4 chiens. A
force de cris et de grossièretés, pour être plus convaincant et
avant l'arrivée de tous les chiens du village, les propriétaires
finissent par sortir pour les rappeler .
Dans l'après-midi, je rencontre un papy avec son motoculteur en
panne sèche . Je lui propose la réserve de carburant de mon
réchaud qu'il préfère refuser. Il était tellement content qu'il a
manifesté sa gratitude en m'embrassant les mains. Par chance, c'était au
milieu de nulle part.
Dans la journée, un texto de Pascale m'apprend que les
accessoires de vélo dont le compteur kilométrique prévus pour ce voyage
sont arrivés, soit 2 mois après la commande .
C'est un peu avant mon arrivée à Tulcea que je peux admirer un
panorama sur le delta
et rejoindre la ville et la
civilisation.
Au Delta Camping de la ville, je rencontre enfin mes 2 premiers
cyclotouristes ainsi qu'un couple de jeunes militants qui
représenteront leur section départementale à la fête de l'Huma.
Ayant sillonnés la Roumanie, ils me conseillent de raccourcir
mon périple en coupant par les Carpates mais le relief est accidenté et
l'hébergement inexistant. De plus, la divagation des ours sur le
bord des routes rend le bivouac hasardeux.
Jeu 4/08
Tulcea _ Galati 90 kms Etape 4
La nuit fut loin d'être réparatrice avec des campeurs qui ont veillé
tard et un rodéo urbain dans les rues voisines
heureusement le parcours de ce matin est plat.
Ayant quitté le littoral, la température commence à
grimper.
N'ayant pas totalement récupéré du périple en avion,
de la nuit précédente et d'un début de bronchite, je
loue un appartement au centre ville pour moins de 30 €. Le
propriétaire travaille à l'étranger comme beaucoup de Roumains et place
son argent dans l'immobilier.
Au 4-ème sans ascenseur , j'ai multiplié les allers-retours
pour monter l'équipement, ravitailler et
profiter du centre ville animé en cette fin de
journée.
Ven 05/8 Galati
_ Macin 35 kms Etape 5
Quand j'ai repris le vélo ce matin, j'ai tout de suite compris que ça ne
le ferait pas, je n'avais aucune force dans les jambes, ma petite
bronchite n'avait pas arrangé les choses. J'ai donc parcouru une trentaine
de kilomètres jusqu'à Braïla où je me suis installé dans un jardin public
avec des oranges, des pêches et un yaourt familial que
j'ai englouti. Je somnolais sur la pelouse quand quelqu'un m'a
heurté le pied pour me réveiller en m'expliquant que je ne pouvais pas
rester, j'ai fini par comprendre que des tziganes rôdaient et qu'il était
préférable pour ma sécurité de ne pas dormir là mais plutôt aller à
l'hôtel. Bizarrement, c'était toujours le même nom d'établissement
qu'il citait. En réalité, il devait toucher une commission quand il
ramenait un client. C'est quand il a commencé à vouloir ranger mes
affaires sur le vélo que je me suis agacé. Il est parti sans
insister.
Sam 6/08
Macin_Topalu 90 kms Etape 6
Couché peu après la tombée de la nuit, j'ai quasiment fait le
tour du cadran, réveillé parfois, malgré les boules Quies, par des
pêcheurs ou fêtards qui ont écouté le top 40 des chansons
roumaines des dernières décennies jusqu'au lever du
jour.
Je continue ma longue descente vers le sud commencée la
veille. La plaine du Danube étant marécageuse et la route
principale très empruntée, l'itinéraire s'en éloigne
et me fait prendre de la hauteur. Les routes sont peu fréquentées
et bien souvent en gravel comme me l'a indiqué la poussière blanche sur
les vélos de randonneurs allemands rencontrés le matin ( je ne
suis pas le seul à pédaler dans ces contrées).
|
| Lequel des deux semble soulagé? |
En milieu d'après-midi, grosse frayeur en haut d'une colline où se
trouve une ferme. A mon passage, deux gros molosses en
sortent comme des furies et me coursent sur plusieurs dizaines de
mètres. Il m'a fallu sprinter dans la descente pour leur échapper.
Au village suivant, j'ai croisé un autre randonneur allemand que j'ai
mis en garde sur sa mauvaise rencontre à venir.
Je termine ma journée à Topalu où existerait un gîte pour pêcheurs.
Il est fermé, je prévois un nouvelle soirée bivouac. A la petite
épicerie du village qui fait office de bar, j'ai l'impression que tous
les hommes du villages sont attablés en terrasse. L'un d'entre
eux vient me voir, il me parle en me criant dessus, je
crois reconnaitre de l'italien avec de l'espagnol et le l'anglais. Il
a lui aussi travaillé à l'étranger et notamment dans les Emirats où il
a gagné suffisamment d'argent pour vivre correctement ici avec ses
enfants qu'il me présentent tout en m'offrant un verre et en parlant
un peu moins fort.
Dans les rues que j'emprunte pour rejoindre la rivière, ne restent
que les femmes, les enfants et les chiens qui, bien entendu, me
coursent en aboyant. C'est à mon tour de crier, ce qui fait bien rire
les habitants.
Dim 7/08 Topalu
_ Lipnita 90 kms Etape 7
Au réveil, un chien présent la veille est encore là, une race
identique à ceux qui m'avaient poursuivi la veille. Comme les
chiens du bivouac au stade de football, ils attendent
quelque chose à manger et me tiennent compagnie. Des chiens errants
qui ne semblent pas pour autant affamés. Ils sont dans tous les
villages et peu d'entre eux sont agressifs. J'ai remarqué qu'ils me
coursaient mais s'arrêtaient à la hauteur des sacoches sans
avoir vraiment la volonté de mordre.
Beaucoup de randonneurs croisés par la suite me poseront la question
parce que c'est la hantise pour bon nombre d'entre
nous.
.jpg)
Erreur de navigation et entêtement de ma part, dans la journée: le
gps me fait prendre à gauche par la colline alors qu'une route longe le
fleuve. Par flemme , je vais tout droit pour me rendre compte que la route
a été emportée par les crues. J'ai quand même gravi
cette colline mais en poussant le vélo.
|
| Site classé que je n'ai jamais retrouvé sur Maps |
Le dimanche se passe en alternant collines ,
vallées et rive du fleuve. Je déjeune à midi dans une petite ville
où il y a bien des hébergements mais il est encore trop tôt pour
s'arrêter. Sachant qu'après, il n'y a rien sur 100km, il faut
ravitailler pour mon troisième bivouac d'affilée.
.jpg)
Dans l'après-midi alors qu'il fait très chaud, je récupère de l'eau
fraîche d'un habitant qui faisait le plein au puits du village. Elle
complète ma ration d'eau pour le bivouac et m'autorise une petite
toilette en plus de la cuisine, la vaisselle et le café du petit
déjeuner.
En traversant un village, j'ai croisé mon deuxième enterrement. Le
cercueil du défunt avec son chapeau est déposé dans ce qui
devait être sa cariole suivi par la famille et des voitures qui
klaxonnent. C'est la tradition car la première fois, je pensais
qu'il s'agissait de conducteurs impatients .
Les avis de décès sont placardés sur les pylônes et les
lampadaires.
Amère constatation, j'en suis à ma 7ème étape mais seulement à 38 kms
de mon point de départ, Constanta. Un grand détour pour voir peu de
chose du delta. J'apprendrai plus tard qu'il y avait des sorties
en bateau organisées afin de découvrir la faune et la flore.
Conséquences d'un voyage insuffisamment préparé et d'un départ
précipité.
.jpg)
.jpg)
.jpg)
.jpg)

.jpg)
.jpg)

Aucun commentaire:
Enregistrer un commentaire