3/06/23

Constanta (R)- Lipnita ( R)

Sam 30 juillet             Figari Sud Corse_Paris-Orly

Départ de Figari Sud Corse en fin d'après-midi avec un carton de 23 kg autorisés  contenant le vélo et de l'équipement ainsi que  2 bagages de cabine,  une des deux sacoches transformée en sac à dos et un petit sac isotherme . Avec les vêtements que je porte, la totalité représente  35 kg.
Arrivé à 22h à Paris-Orly, il est  trop tard pour rejoindre Roissy, je passe donc la nuit dans l'aéroport , une occasion de tester sac et matelas de couchage. A une heure du matin, nous sommes avertis de la fermeture de l'aérogare qui ne rouvrira qu'à 4 h30. L'annonce ne sera pas suivi d'effet car je passe ma nuit blanche dans un endroit discret où je ne serai pas dérangé.


Dim 31 Paris  CDG -Constanta ( Roumanie)

Transfert avec le RER jusqu'à Roissy où  mon premier vol  décolle à  la mi-journée pour Munich.
Déambulation dans l'aérogare jusqu'à 22h30 en attendant le suivant qui  m'emmènera à Cluj Napoca dans les Carpates.


Lun 1 Août        Aéroport Constanta_Mamaia-Sat        46 kms        Etape 1


Il reste à rejoindre Constanta sur la mer Noire avec  le dernier vol  prévu en fin de nuit.

A l'enregistrement,  la compagnie aérienne  me réclame un supplément de 55 € pour bagage volumineux alors qu'Air France et Lufthansa  n'avaient pas posé de problème.

L'avion se pose au lever du jour, 5 heures, heure française, mais  il faut en rajouter une pour le changement de fuseau horaire.

Malgré le manque de sommeil ces dernières 48 heures, je suis  relativement éveillé. Le temps de  remonter le vélo et l'équiper avec  les sacoches petites et grandes, je quitte l'aéroport vers 11 h pour rejoindre Constanta à 25 km  par une voie rapide . Le gilet jaune et mon feu arrière ne suffisent pas à me rassurer. 


Les similitudes du roumain avec l'italien
Priorité : trouver de l'argent afin de  ravitailler et surtout boire un café. Ne connaissant pas le taux de change Euro-LEI, je sélectionne un montant à 3 chiffres au DAB mais la liasse de billets n'équivaut qu'à une dizaine d'Euros.


Une visite rapide  de Constanta et son littoral  baigné par  la mer Noire.


Je finis par quitter Constanta  en longeant la mer Noire ; il y a  peu de pistes cyclables et il faut souvent slalomer dans le trafic, aussi bien sur la  route que sur les trottoirs. 

Je n'ai pas vraiment l'impression d'avoir quitté la ville car le bord de mer connait une urbanisation galopante et le coucher de soleil n'y change rien.



Arrivé dans  un camping du littoral à Mamaia-Sat, le temps de monter la tente et  premier moment de détente depuis 3 jours avec  un bain bien mérité.

Mar 2/08               Mamaia-Sat_ Sarichoi             104 kms        Etape 2
L'hébergement s'avère plus compliqué car le  camping indiqué sur Google n'existe plus. Les champs  offrant  peu d'endroits propices au  bivouac et comme  il est déjà tard, je me rabats sur les installations sportives  à la sortie du village où s'y joue un match de football. Je vais patienter au  petit port de pêche en prenant le repas du soir.  Le temps que le parking se vide, j'ai monté la tente la nuit tombée.


Mer 3/08            Mamaia-Sat _ Tulcéa           80 kms                  Etape 3


Je quitte définitivement  la mer Noire pour rejoindre le Danube. Comme la région est marécageuse, l'essentiel du parcours se situe dans les collines. Une succession de montagnes russes avec des villages dans les vallées où je subis ma première attaque, 1, 2, 3 puis 4 chiens. A force de cris et de grossièretés, pour être plus convaincant  et avant l'arrivée de tous les chiens du village, les propriétaires  finissent par sortir pour les rappeler .
Dans l'après-midi, je rencontre un papy  avec son motoculteur en panne sèche . Je lui propose  la réserve de carburant de mon  réchaud qu'il préfère refuser. Il était tellement content qu'il a manifesté sa gratitude en m'embrassant les mains. Par chance, c'était au milieu de nulle part.
Dans la journée, un texto de Pascale m'apprend  que les accessoires de vélo dont le compteur kilométrique prévus pour ce voyage sont arrivés, soit 2 mois après la commande .


C'est un peu avant mon arrivée à  Tulcea que je peux admirer un panorama sur  le delta


                            et rejoindre la ville et  la civilisation. 
Au  Delta Camping de la ville, je rencontre enfin mes 2 premiers cyclotouristes ainsi qu'un couple de  jeunes militants  qui représenteront leur section départementale à la fête de l'Huma. Ayant  sillonnés la Roumanie, ils  me conseillent de raccourcir mon périple en coupant par les Carpates mais le relief est accidenté et l'hébergement inexistant. De plus, la divagation des  ours sur le bord des routes rend le bivouac hasardeux.

 Jeu 4/08                   Tulcea _ Galati          90 kms                    Etape 4

La nuit fut loin d'être réparatrice avec des campeurs qui ont veillé tard et un rodéo urbain  dans les rues voisines 
heureusement le parcours  de ce matin est  plat.
 
 Ayant quitté le littoral, la température commence à grimper. 

N'ayant  pas totalement récupéré  du  périple en avion, de la nuit précédente  et  d'un début de bronchite, je loue  un appartement au centre ville pour moins de 30 €. Le propriétaire travaille à l'étranger comme beaucoup de Roumains et place son argent dans l'immobilier.
Au 4-ème sans ascenseur , j'ai multiplié les allers-retours   pour  monter  l'équipement, ravitailler et profiter  du  centre ville animé en cette fin de journée.

Ven 05/8            Galati _ Macin                          35 kms                Etape 5 

Quand j'ai repris le vélo ce matin, j'ai tout de suite compris que ça ne le ferait pas, je n'avais aucune force dans les jambes, ma petite bronchite n'avait pas arrangé les choses. J'ai donc parcouru une trentaine de kilomètres jusqu'à Braïla où je me suis installé dans un jardin public avec  des oranges,  des pêches et un yaourt familial  que j'ai englouti.  Je somnolais sur la pelouse quand quelqu'un m'a heurté le pied pour me réveiller en m'expliquant que je ne pouvais pas rester, j'ai fini par comprendre que des tziganes rôdaient et qu'il était préférable pour ma sécurité de ne pas dormir là mais  plutôt aller à l'hôtel. Bizarrement, c'était toujours le même nom d'établissement  qu'il citait. En réalité, il devait toucher une commission quand il ramenait un client. C'est quand il a commencé à vouloir ranger mes affaires sur le vélo que je me  suis agacé. Il est parti sans insister.


Sam 6/08              Macin_Topalu          90 kms                    Etape 6

Couché peu après  la tombée de la nuit, j'ai quasiment fait le tour du cadran, réveillé parfois, malgré les boules Quies, par des pêcheurs ou fêtards qui ont écouté le  top 40 des chansons roumaines des dernières décennies  jusqu'au lever du jour. 

Je continue ma longue descente vers le sud commencée  la veille.  La plaine du Danube étant marécageuse et la route principale très empruntée, l'itinéraire  s'en éloigne  et  me fait prendre de la hauteur. Les routes sont peu fréquentées et bien souvent en gravel comme me l'a indiqué la poussière blanche sur les vélos de randonneurs allemands rencontrés  le matin ( je ne suis pas le seul à pédaler dans ces contrées).

Lequel des deux semble  soulagé?
En milieu d'après-midi, grosse frayeur en haut d'une colline où se trouve une ferme. A mon passage, deux gros molosses   en sortent comme des furies et me coursent sur plusieurs dizaines de mètres. Il m'a fallu sprinter  dans la descente pour leur échapper. Au village suivant, j'ai croisé un autre randonneur allemand que j'ai mis en garde  sur sa mauvaise rencontre à venir.
Je termine ma journée à Topalu où existerait un gîte pour pêcheurs. Il est fermé, je prévois un nouvelle  soirée bivouac. A la petite épicerie du village qui fait office de bar, j'ai l'impression que tous les hommes du villages sont attablés  en terrasse. L'un d'entre eux vient me voir,   il me parle en me criant dessus, je crois reconnaitre de l'italien avec de l'espagnol et le l'anglais. Il a lui aussi travaillé à l'étranger et notamment dans les Emirats où il a gagné suffisamment d'argent pour vivre correctement ici avec ses enfants qu'il me présentent tout en m'offrant un verre et en parlant un peu moins fort.
Dans les rues que j'emprunte pour rejoindre la rivière, ne restent que les femmes, les enfants et les chiens qui, bien entendu, me coursent en aboyant. C'est à mon tour de crier, ce qui fait bien rire les habitants.



Dim 7/08            Topalu _ Lipnita                        90 kms            Etape 7

Au réveil, un chien présent la veille est encore là, une  race identique à ceux qui m'avaient poursuivi  la veille. Comme les chiens  du  bivouac au stade de football, ils attendent quelque chose à manger et me tiennent compagnie. Des chiens errants qui ne semblent pas pour autant affamés. Ils sont dans tous les villages et peu d'entre eux sont agressifs. J'ai remarqué qu'ils me coursaient  mais s'arrêtaient à la hauteur des sacoches sans avoir vraiment la volonté de mordre. 
Beaucoup de randonneurs croisés par la suite me poseront la question parce que c'est la   hantise pour bon nombre d'entre nous.


Erreur de navigation et entêtement de ma part, dans la journée: le  gps me fait prendre à gauche par la colline alors qu'une route longe le fleuve. Par flemme , je vais tout droit pour me rendre compte que la route a été emportée par les crues. J'ai quand même gravi   cette  colline mais en poussant le vélo.

Site classé que je n'ai jamais retrouvé sur Maps

Le  dimanche se passe  en  alternant  collines , vallées et rive du fleuve. Je déjeune à midi  dans une petite ville où il y a bien des hébergements mais il est encore trop tôt pour s'arrêter. Sachant qu'après, il n'y a rien sur 100km, il faut ravitailler   pour mon troisième bivouac d'affilée.

Le seul avantage des collines :  le panorama

Dans l'après-midi alors qu'il fait très chaud, je récupère de l'eau fraîche d'un habitant qui faisait le plein au puits du village. Elle complète ma ration d'eau pour le bivouac et m'autorise une petite toilette en plus de la cuisine, la vaisselle et le café du petit déjeuner.
En traversant un village, j'ai croisé mon deuxième enterrement. Le cercueil du défunt avec son chapeau  est déposé dans ce qui devait être sa cariole suivi par la famille et  des voitures qui klaxonnent. C'est la tradition  car la première fois, je pensais qu'il s'agissait de conducteurs impatients . 

Les avis de décès sont placardés sur  les pylônes et les lampadaires.




Amère constatation, j'en suis à ma 7ème étape mais seulement à 38 kms de mon point de départ, Constanta. Un grand détour pour voir peu de chose du delta.  J'apprendrai plus tard qu'il y avait des sorties en bateau organisées afin de  découvrir la faune et la flore. Conséquences  d'un voyage insuffisamment préparé et d'un départ précipité.

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