2/24/23

Lipnita (RO) -Dobra (SRB)


Lun 8/08            Lipnita  _ Calarasi                                        50 kms          Etape 8 

Ma descente vers le sud est terminée, à 5 km de la Bulgarie, le fleuve s' oriente vers l'ouest. 
J'ai la possibilité de passer la frontière mais il me reste des devises roumaines et je veux m'accorder une 1/2 journée de repos pour recharger le portable, entretenir le vélo qui a souffert sur les pistes et surtout prendre une douche. Au bivouac précédent, je m'étais simplement rincé le visage  mais après une journée de canicule et la couche de protection solaire, s'allonger sur le sac de couchage fut trop désagréable.

Monastère St Ioan Botezatorul

 Le fleuve servant de frontière, je le  traverse  pour rester en Roumanie.


J'arrive à Calarasi à midi où je réserve une chambre en ligne pour  la récupérer à 16 h.
Le temps d'un pique-nique et d'une sieste dans un jardin public où là encore on me réveille, c'est un agent de police qui m'explique que je ne dois pas dormir sur les bancs. Il n'insiste pas quand je lui montre la   réservation  de ma chambre. J'ai compris par la suite qu'il s'agissait du parc de la mairie avec les locaux du commissariat. (il n'y avait pas de panneau " Interdit aux roms, tziganes et Cyclo randonneurs)    

Pensant avoir terminé ma journée, le propriétaire m'apprend que son hôtel est fermé alors que j'avais la réservation. Il m'oriente vers une pension. Il me reste assez d'énergie pour reprendre le vélo et aller au KFC.

Mar 9/08            Calarasi _ Giurgu                                      143 kms          Etape 8

J'ai repris la route pour une longue et chaude  journée. Entre le soda du matin, celui de l'après midi, la bière du soir et 3 bouteilles d'eau par jour, je ne suis pas loin des 6 litres. Aux heures les plus chaudes , j'humidifie le tee-shirt et la casquette ce qui me procure un peu de fraicheur même si je ne roule qu'à 15 km/heure.    

Immensité du Danube



Un couple  de Canadiens qui se rendent à Istanbul 
Les randonneurs sont rares et quand nous nous croisons, il y a toujours plaisir  à échanger quelques mots.

N'ayant pas trouvé de  passage pour la Bulgarie, je bivouaque à Giurgiu en espérant passer la frontière le lendemain et   trouver un peu de tranquillité sur les routes. La circulation est  incessante, les carioles, les cyclistes, les camions cohabitent avec  des véhicules roulant à des vitesses excessives qui n'hésitent pas à doubler alors que j'arrive en face. Ce qui est encore plus stressant,  ce sont les petites stèles mortuaires qui jalonnent les bas côtés et qui me semblent particulièrement rapprochées avec parfois 3 visages  gravés.

Même si  l'endroit ressemble à un cimetière de bateaux,  il y a au moins de l'eau douce pour la toilette du soir.


Mer 10/08             Giurgiu _  Svishtov                                 110kms          Etape 10 

   
L'orientation est plus compliquée, si la langue roumaine a beaucoup de similitude avec l'italien, le supermarché ou la boulangerie sont plus difficiles à trouver avec le bulgare,  .

Quitter la ville va me poser  de grandes difficultés, je n'arrive à  m'extirper  d'un rond point qui donne accès à des voies rapides.  C'est à pied que je regagne les petites rues qui vont m'emmener sur les hauteurs dans des quartiers tziganes, tous étonnés de me voir arriver là,  et se terminer dans des chemins de terre avant de rejoindre mon itinéraire. 


Le reste de la journée se passe dans la campagne bulgare sur des routes vallonées au revêtement fait de gros graviers qui occasionnent des vibrations  dans  le guidon et les  poignets apprécient moyennement.



 A Svishtov ,  tenté de prendre une pension à 20€,   j'ai la flemme  de remonter en ville et  j'ai de quoi manger au bivouac en bordure  d'un champ de maïs grillé par le soleil comme tous ceux que j'ai pu voir depuis mon départ.
Maintenant bien organisé, les  nuits sont réparatrices à l'inverse des campings et des hôtels où il y a du bruit, la télévision ou l'internet et ses couchers tardifs.


Jeu 11/08            Svishtov_Bechet                                133 kms          Etape 11

Le parcours de ce matin me fait longer le port de commerce et une centrale nucléaire qui semble désaffectée puis je quitte la rive du fleuve pour aller dans l'arrière pays à travers les collines  


avec mon moment préféré de la matinée, la pause café dans les épiceries  qui font office   de salon de thé. Lieu de rencontre  quelque soit l'heure, j'y ai toujours croisé des personnes même dans les villages éloignées du fleuve où il y avait peu d'activité. 

L'itinéraire de  l'après-midi étant très sinueux avec  du relief , le retour en Roumanie où la route est plus directe mais aussi plus fréquentée  s'impose.

 
Traversée en   bac  avec un motard argentin de Marseille qui  venait  sillonner  les petites routes des Balkans et  des Carpates.

     

  Après 3 nuits dans la nature,  je m'accorde enfin une nuit à l'hôtel avec un restaurant en compagnie d'un québécois qui, suite à  un héritage, prenait du bon temps à refaire le road trip  d'un écrivain d'Amsterdam à Istanbul.   
N'ayant rien compris au menu et voulant tester la gastronomie locale, j'ai mangé ce qui se révéla être une soupe de tripes. 
Je me suis rattrapé sur le petit déjeuner du lendemain.



Ven  12/08            Bechet _ Novo Sélo                              130 kms          Etape 12

Aujourd'hui, départ  définitif de  Roumanie après 10 jours de randonnée pas toujours touristique.
Le première semaine dans des régions rurales aux parcelles immenses qui n'appartiennent  pas  forcément  aux habitants   croisés dans les villages,  mais plutôt à des cultivateurs venus de  l'Europe de l'ouest. Plus la mauvaise habitude des automobilistes de jeter   leurs   emballages plastiques dans  les bas côtés des routes. Les autorités tentent d'y remédier  en instaurant la reprise des consignes sur les parkings des grandes surfaces et en verbalisant  les décharges sauvages.


 
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Signe de réussite
Par la suite quand le Danube s'oriente vers l'ouest,  avec des entreprises implantées sur ses berges  et la diaspora qui y  pose ses valises, les villages sont  privilégiés et les bords de routes moins souillés.

 Ils donnent envie de les  suivre  jusqu'au bout du monde 
 Prévenu par des cyclos précédents, je finis par croiser  Laura et Mitch, un couple d'Américains qui ont commencé leur tour du monde en Ecosse et qui se dirige vers l'Extrême Orient via Istanbul. Du peu de cyclos que j'ai pu rencontrer, les Nord-Américains étaient bien représentés. En cause, les difficultés d'itinéraire rencontrées  pour  pratiquer l' activité  sur leur continent .

 
  Sam 13/08            Novo Sélo_ Kladovo                      95 kms     Etape 13


Je bivouaque à la sortie de Kladovo, petite ville touristique, dans un jardin public en friche où je fais la connaissance d'un habitant qui vient pêcher avec son fils. Il me montre des photos de son frère, adepte du cyclotourisme avec son chien qu'il emmène partout en Europe.

Dim  14/08            Kladovo _Dobra                     100 kms     Etape 14

Ce matin, j'ai à peine le temps de  ranger qu'il se met à pleuvoir. En regagnant le centre ville, nouvelle crevaison et premier arrêt  sous les  balcons des appartements pour réparer.  
L'attente de  l'accalmie en terrasse dans les allées piétonnes me donne envie de paresser ce dimanche matin.  

A midi,  déjeuner avec quatre Français de la région parisienne. Avec un vol , une location de voiture et un hébergement low-cost, ils sont ravis de découvrir les attraits touristiques de la Serbie.
 Avant de reprendre la route, le temps se dégrade rapidement .


Après 2 semaines de  chaleur,  je vais passer mon dimanche après-midi dans les intempéries   alors que je traverse un des sites emblématiques de l'Eurovélo 6.
Solidarité entre deux roues sous la pluie , le V d'un motard et le hochement de tête d'un cyclo, accompagné d'un sourire  qui en dit long sur notre dimanche après-midi, ravi de ne pas  être le seul dans cette galère.
Petit moment de stress avec  la circulation d'un dimanche sur une route touristique  malgré le gilet fluo et  le feu rouge clignotant et, après 2 nuits de bivouac, la  lampe frontale est déchargée. Je traverse les tunnels  en distinguant la ligne blanche mais sur un plus long, je reste  coincé dans l'obscurité. C'est en tenant le guidon d'une main et le portable de l'autre que je trouve la sortie.   



Trop tard pour sortir des gorges et trouver un hébergement,  c'est  bien au sec que je vais squatter une cabane de pêcheur.

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